mardi 24 juillet 2012

EDDIE AND THE HOT RODS


            Non, non, non, non, Eddie and the Hot Rods(Eddie et les Verges Chaudes), il est pas mort ! Car il ban.. encore !!! Car il ban.. encore !!!... On le verra à la Boîte à Musique de Wattrelos, le 9 mars prochain, avec BP Zoom en première partie et son bassiste Jules Delbarre, digne fils de son père.

C’est qui, Eddie ?

            Tout a commencé il y a plus de 30 ans. Dans un pub, c’est souvent le cas en Angleterre. Nous sommes à Rochford, dans le comté d’Essex, au nord de Londres. C’est dimanche. Barrie et Steve, deux camarades de classe, déjeunent. Barrie Masters est un fervent adepte du football et de la boxe. Steve Nicol a hérité de son père, qui joue dans un orchestre de danse, quelques talents de batteur. Un type nommé Pete Wall, guitariste, les aborde et leur propose de monter un groupe. Comme Barrie connaît les paroles de trois chansons, il est bombardé chanteur. Et ils lèvent leur pinte de bière au groupe qui vient de naître, sitôt baptisé Buckshee. Ils seront vite rejoints par un second guitariste, Dave Higgs. Ce dernier a joué avec Wilco Johnson Sparko et Lee Brilleaux dans The Fix, une formation qui préfigure Dr Feelgood. Etant le plus vieux, il branche ses jeunes complices sur le rhythm’n’blues puis commence à écrire des compositions originales. Pete Wall, qui ne veut pas devenir pro, quitte le groupe. Manque un bassiste. Suite à une petite annonce passée dans le Southend Evening Echo, Paul Gray se présente. Il n’a que 15 ans et va encore à l’école. Dave lui demande : «Tu joues vite ? ». « Oui ! » répond Paul, sans vraiment savoir : il n’a jamais été dans un groupe auparavant ! « Alors, on te prend ! » Ils répètent deux ou trois soirs par semaine dans un vieux garage jusqu’à ce qu’une pétition des voisins les foute à la porte. Puis ils s’en vont écumer les petites salles à travers l’Essex. « A chaque fois que nous jouions, il y avait une bagarre. » Un certain 5 novembre, ils voient des gosses dans la rue promener leur poupée de Guy Fawkes et demander aux passants : « a penny for the guy ». Ca leur donne une idée. Ils fabriquent un pantin, l’attifent d’un costume rayé, un chapeau mou et des lunettes noirs. Ils l’installent au fond de la scène, soutenu par un pied de micro, mains dans les poches et cigarette aux lèvres. Et pendant tout le concert Barrie s’adresse à lui en l’appelant Eddie. Telle est donc la véritable origine de Eddie and the Hot Rods, contrairement à ceux qui afirment qu’ils tirent leur nom de leur (futur) manager Ed Hollis. Bientôt les Rods décident de sortir de leur région et descendent à Londres. « Nous téléphonions aux gens vingt fois par jour, jusqu’à ce qu’ils en aient marre et nous donnent des gigs ». Bientôt tous les clubs londoniens (the Red Cow, the Newlands Tavern, Dingwalls, The Nashville) les connaissent et ils acquièrent une certaine notoriété. Feelgood leur trouve une série de concerts au Kensington. Island les remarque et les signe en novembre 75 (octroyant à chacun le mirifique salaire de 20£ par semaine !). Un premier single sort en mars 76 avec deux titres originaux co-écrits par Dave Higgs et Ed Hollis : Writing On The Wall et Cruisin’In The Lincoln qui sonnent comme du Feelgood. Sur scène, ils reprennent tous les classiques : Get Out Of Denver de Bob Seger, Route 66, Shake, The Kids Are Alright, On The Run, 96 Tears de Question Mark and the Mysterians, Satisfaction... Mars 76 voit aussi le départ de “l’harmoniciste fou” Lew Lewis qui était arrivé en même temps que Dave Higgs. N’avait-il pas aussi la mauvaise habitude, après un concert et plusieurs pintes de lager, de se soulager par la porte ouverte du minibus qui les ramenait à l’hôtel, ou bien encore, comme à l’Université de Reading, de sauter de scène et canarder son propre groupe avec des chopes de bière ? Leur deuxième 45 tours est une version de Woolly Bully de Sam the Sham and the Pharaohs, produit par Andy Mackay de Roxy Music. C’est en pleine tempête punk, le 12 octobre 76, qu’ils sortent leur premier album Teenage Depression. L’album atteint la 35ème place des charts anglais et la presse musicale lui fait un accueil enthousiaste.

His Masters Voice… et les autres

            Depuis le groupe a subi de nombreux changements de personnel. Au printemps 77, Graeme Douglas ex-Kursaal Flyers, est venu les rejoindre pour les quitter trois ans plus tard, imité par Gray qui sera remplacé par Tony Cranney. En 85, reformation du groupe avec Russ Strutter et Warren Kennedy. En 92, tournée européenne et retour de Gray. En 96, arrivée du batteur Simon Bowley et du guitariste Gary Loker. Vous me suivez toujours ? Vous avez bien du mérite. En 99, Paul Gray, souffrant d’acouphène, se résigne à quitter le groupe. Et le line-up actuel, me direz-vous ? Je vous le livre, s’il n’a pas changé entre-temps : Barrie Masters(chant), Simon Bowley(batterie), Chris Taylor, ex-Receeders et Richard Holgarth(guitares), Dipster(basse).

Jumpin’Jack Devemy