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lundi 19 novembre 2012
L I T T L E B O B Le rock s’écrit aussi. Il est très à la page. Les autobiographies déboulent en librairie comme des rafales de riffs. Vous n’avez pas pu passer à côté de celle de Keith Richards (Life) ou celle de Patti Smith (Just Kids) mais le livre de Little Bob, La Story, vous a peut-être échappé. Leçon de rattrapage ! Un mètre soixante, mais le talent ne se mesure pas en centimètres Quel livre ! 250 pages retraçant la vie et la carrière de la figure légendaire du rock français. Little Bob a traversé les époques, les modes, survécu aux excès en tout genre et, à 65 ans, il nous livre ses mémoires. Co-écrits avec Christian Eudeline, frère cadet de Patrick. Patrick Eudeline, que vous connaissez forcément : ex-chanteur d’Asphalt Jungle (un des premiers groupes punk français, fondé en 1977) et surtout connu pour son statut d’icône de la critique rock, de Best jusqu’à Rock & Folk en passant par Actuel et Libération. Préfacés par Jean-Bernard Pouy, auteur de romans noirs, créateur du personnage Gabriel Lecouvreur (dit Le Poulpe), fana de rock et ne ratant jamais par là l’occasion de citer Little Bob dans chacun de ses bouquins, aimant le comparer à Marguerite Duras en blouson de cuir et lunettes noires ! Pouy se montre véritablement dithyrambique à propos de Little Bob. Selon lui, c’est une sorte d’oxymore vivant. « Little » Bob est GRAND. Rien à lui reprocher. C’est un pur : fidèle à ses potes, à son histoire, à sa famille, à une ligne de conduite. C’est un rebelle : après un concert de Bob, on rentre toujours à la maison en brûlant les feux rouges. Les interdits, très peu pour lui ! Au jeu des ressemblances, vous avez remarqué le point commun entre la photo de couverture de Life et celle de La Story ? La cigarette allumée fièrement arborée ! Working Class Hero Little Bob se souvient de son enfance à Alessandria, ville italienne située dans la région du Piémont, dans la plaine du Pô, doublement célèbre pour la bataille de Marengo et le Borsalino. Ecole buissonnière et parties de football sur la place du monument aux morts où les « gatte » le poursuivaient, lui et ses camarades, pour leur confisquer le ballon. Rébellion et insoumission face aux profs et aux flics. Il avait de qui tenir, bon sang ne saurait mentir ! Son grand-père paternel, Vincenzo, était anarchiste dans l’âme. Il tenait une papeterie mais, comme il passait son temps sur la route et n’était jamais chez lui, il avait confié à son fils le soin de gérer le magasin. Libero, puisque c’est de lui qu’il s’agit (Bob lui dédiera son onzième album sorti en 2002) n’avait rien d’un commerçant. Il était jeune…et préférait peindre ses tableaux. Lorsqu’il hérita de l’affaire, la faillite fut vite au rendez-vous. A l’époque, la France avait besoin de main d’œuvre bon marché et il accepta un poste d’ouvrier métallurgiste aux Tréfileries et Laminoirs du Havre. En attendant que sa femme le rejoigne, il lui envoyait, à chaque fin de mois, une grosse partie de son salaire. En mars 1958, Bob, qui va bientôt avoir 13 ans, débarque gare de Lyon, avec sa mère, son frère Andrea et sa sœur Maura. Libero les récupère et cap sur le Havre via la gare Saint-Lazare. Il leur a trouvé un petit appartement de deux pièces sous les toits, à Saineville-sur-Seine, à 25 kilomètres du Havre. Bob découvre la campagne pour la première fois. Au début, il est très malheureux. Il prend le bus tous les jours pour suivre les cours chez Pigier. Sa seule distraction est de dresser le berger allemand des propriétaires à attaquer les poules ! Et puis, dans ce pays, il pleut tout le temps, le ciel est gris, il fait froid, mais c’est là que son père a décidé de gagner son pain et refaire sa vie. Il travaille dans un atelier d’étirage, il transforme les barres de cuivre en fils électriques « avec ses mains d’or ». Bob est fier de son père et dès qu’il pourra, lui aussi, travailler à l’usine, il le fera. Ca lui paraît normal : les temps sont durs et la famille a besoin de son salaire. En 1961, il quitte donc l’école Pigier et entre dans la vie active. Il est embauché dans la même boîte que son père mais comme coursier. Il monte rapidement en grade et se retrouve dans un bureau. C’est là qu’il écrit ses premiers textes de chansons grâce à la complicité de son chef de service qui fait mine de ne s’apercevoir de rien. Qu’il me soit ici permis de remercier, au nom de tous les fans de Little Bob, Monsieur Toullec ! Comme quoi tous les chefs de service et autres supérieurs hiérarchiques ne méritent pas tous de finir pendus au bout d’une corde ! En Mai 68, Bob participe aux grandes grèves sur le port du Havre. Il lève le poing avec ses camarades devant les grilles fermées de l’usine où il travaille depuis qu’il a 16 ans. Ce n’est qu’en 1974, juste après le concert qu’il donne à l’UCJG (Union Chrétienne de Jeunes Gens !) du Havre, le 16 mars, qu’il décide d’abandonner le travail en usine et de devenir musicien à plein temps. Le groupe Little Bob Story en est déjà à sa seconde mouture : Dominique « Barbe Noire » Lelan à la basse, Serge Hendrix à la guitare, Dominique Quertier dit Mino à la batterie. Le mystère des guitares volées à Nellcôte enfin résolu Grâce à Little Bob on a retrouvé une des neuf guitares appartenant à Keith Richards (voir Heart Of Stone #1 : Exile On Main Street). Quand Serge Hendrix -il préfère le hard rock-quitte LBS, c’est Guy-Georges Gremy qui le remplace. Eurasien d’origine, il vient de Nice et habite au Havre depuis un mois. A force de faire des gammes trois heures par jour chez lui, il est devenu excellent guitariste. Il joue sur une super guitare, une Gibson Flying V couleur bois. Bob lui demande où il l’a achetée et Guy-Georges lâche le morceau. Alors qu’ils habitaient la villa Nellcôte à Villefranche-sur-Mer et y enregistraient l’album Exile On Main Street, les Stones s’étaient fait cambrioler. Les guitares de Keith Richards, notamment, avaient disparu. Celle que Guy-Georges tenait entre ses mains faisait partie du lot. Il l’avait achetée à un revendeur de Nice pour 1000 balles. Bob savait que sa nouvelle recrue avait fait un petit tour derrière les barreaux à cause de chèques volés et qu’il avait déménagé en Normandie précisément pour ne plus fréquenter les petits voyous du Midi mais il n’en revenait pas qu’il puisse jouer sur la guitare de Keith Richards. L’originale, pas une imitation. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Lors de la balance qui précède un concert donné en commun avec les Heavy Metal Kids, le guitariste du groupe, Mickey Waller, se précipite sur Guy-Georges. « T’as la même guitare / Que Keith Richards / T’arrêtes ta frime / J’parie qu’c’est une vraie Flying V / Elle est carrément pas craignos ». Il lui propose de la lui vendre ou de l’échanger contre sa Les Paul Custom noire avec ses trois micros dorés. Bob conseille à Guy-Georges d’accepter l’échange : cette fameuse Les Paul est une très bonne guitare même si elle ne vaut pas la Flying V…et surtout elle est moins facilement repérable. D’ailleurs, Mickey Waller leur précise : « Je vous file cette guitare en attendant, la prochaine fois qu’on se verra, j’en aurai une autre, encore mieux, à vous proposer ». Six mois plus tard, ils le croisent à nouveau, avec une imitation japonaise dans les mains. En les voyant arriver, il pousse le volume de son ampli Marshall à fond et se met à jouer Smoke On The Water. « On fait l’échange comme on avait dit ? – Non merci, tu la gardes ta merde ». Tel est pris qui croyait prendre. Mickey Waller échangera finalement la Gibson Flying V contre trois Les Paul avec le guitariste d’Uriah Heep, Mick Box. Hey Keith, si tu veux récupérer ta guitare, tu sais à qui t’adresser ! Tout, tout, tout, vous saurez tout sur La Story Bon, je ne vais quand même pas vous raconter tout le bouquin, le but du jeu étant de vous le faire acheter. Des anecdotes comme celle-ci, vous en trouverez à la pelle. Si vous vous étiez jamais demandé ce qu’est une vie de rocker, Little Bob vous apporte la réponse. Une vie de rocker, c’est…la sienne ! Des concerts mythiques. Son premier passage au Marquee, le 2 avril 1976. J’y étais. A cette époque-là, j’étais tout le temps fourré à Londres et c’était pendant les vacances scolaires. A la joie indicible de me trouver là face à Bob en ce lieu magique s’ajoutait le plaisir non moins grand de me livrer au sport favori des habitués du Marquee : quitter témérairement les premiers rangs, s’aventurer sans GPS vers le fond de la salle, y conquérir le Graal tant convoité : deux pintes remplies à ras bord et, ultime exploit, revenir à son point de départ en zigzaguant sur le parquet devenu glissant pour, enfin victorieux, déposer en offrande à sa dulcinée ce qui restait du très précieux liquide. Autres concerts historiques, ceux que donne Little Bob Story dans le cadre du festival punk de Mont-de-Marsan organisé par Marc Zermati (Fondateur de la boutique l’Open Market à Paris, ce dernier sortira sur son label Skydog des disques de Tyla Gang, des Flaming Groovies, des Stooges). En dehors de Bijou, LBS est le seul groupe français, même s’il chante en anglais, à avoir participé aux deux éditions de Mont-de-Marsan en 1976 et 1977. Il peut se targuer d’y avoir côtoyé Clash et Police. Qui dit concert de rock fin des années 70 dit forcément alcool et drogue. On sait maintenant que les parties de guitare figurant sur le premier album live, enregistré à Londres au Music Machine (une super salle devenue le Camden Palace en 82 et qui, depuis 2004, s’appelle Koko) et au Greyhound les 23, 24 et 25 juin 1979 durent être réenregistrées en studio quelques semaines plus tard. Guy-Georges était complètement défoncé. Souvent le concert tourne à l’émeute comme à Toulouse, le 11 mai 1977. C’est aujourd’hui difficile à imaginer mais il était de bon ton parmi certains qui se proclamaient anarchistes de vouloir entrer dans la salle sans payer. C’est ce qui se produisit à la Halle aux Grains mais les policiers, eux, n’étaient pas du tout d’accord. Résultat des courses : dix chiens de CRS tués. Pôv bêtes ! “Do you know this town/In the south west side of France/Where the Rock’n’roll gigs turn in riot/All the time/I’m talking about Toulouse/The kids have nothin’ to lose” ( Riot In Toulouse, extrait du deuxième album studio Livin’ In The Fast Lane, 1977). En 2011, Little Bob est resté le même. Ce sont les autres qui ont changé. Time to blast, lance-t-il à la face du monde entier. C’est le moment de tout faire péter et de botter le cul à quelques-uns. Il ne sait pas quand ça arrivera ni même si ça arrivera parce que les gens n’ont plus envie de descendre dans la rue. Ils ont trop peur de tout perdre. Mais il a encore envie d’y croire. En attendant le Grand Soir, il règle ses comptes avec les cyniques qui ont eu le malheur de croiser sa route : José Arthur, Bernie Bonvoisin, Dick Rivers, Nagui et même Elliott Murphy. Il s’est engueulé avec eux (Pour quelle raison ? Lisez le livre !) mais il ne leur en veut plus. C’est bien connu, le Taureau voit rouge mais n’est pas rancunier. Le Taureau, c’est son signe astrologique (Bob est né le 10 mai 1945), c’est aussi l’animal qui orne la pochette de son dernier album Time To Blast sorti en 2009, c’est enfin le tatouage qu’il s’est fait faire un jour à Montpellier. Etonnez-vous, après cela, si Little Bob fonce tête première dans la vie, bousculant tous les obstacles. Ne tardez pas à vous procurer cette merveilleuse autobiographie, publiée chez Denoël ! Pour une fois, Bob a pris le temps de s’arrêter et de regarder en arrière pour reconstituer le puzzle de sa vie mais il y manque une pièce indispensable : la vôtre. Car sans son public, Little Bob n’existe pas. Et bientôt il foncera à nouveau sur la route. Rock on ! Jumpin’ Jack D.
jeudi 18 octobre 2012


LADIES  & GENTLEMEN … THE  ROLLING  STONES

      Il n’y aura pas, cette fois, de bataille des chiffres entre la police et les syndicats. Nous nous sommes comptés. Nous étions 36.

Comment transformer un évènement très attendu en un fiasco

      Le 7 octobre dernier, Ladies & Gentlemen était projeté dans une trentaine de salles à travers toute la France, avant sa sortie en DVD. Ce film est issu de la tournée américaine des Stones en 1972. Il fut présenté au Ziegfeld Theatre de New York le 15 avril 1974 et ne fut ensuite diffusé que dans quelques cinémas aux USA. Il n’avait jamais été distribué en Europe. Grâce au regretté Freddy Hausser, qui nous a quittés il y a deux ans, et son émission de rock Juke Box sur Antenne 2, on avait pu en découvrir un extrait (le titre Happy) en 1976. En février 2001, quelques rares privilégiés avaient eu droit à une projection du film à la Cité de la Musique de Paris, suivie d’une rencontre avec l’ami Bill Wyman. Mais c’est tout. La soirée du 7 octobre s’annonçait donc comme un évènement. Deux salles avaient été sélectionnées dans la région Nord-Pas-de-Calais : Le Majestic à Douai et Cinéville Nord à Hénin Beaumont. Va pour Douai. Première déception : le cinéma se trouve en périphérie de la ville. L’endroit est désert. La caissière, qui n’a pas l’air très au courant, me demande si c’est pour l’avant-première et me propose un ticket à 5.50 € alors que le prospectus indique 10 € et les affichettes, parcimonieusement collées à l’entrée, 12 € !? Arrivé une bonne heure à l’avance, je me mets en quête d’un peu de chaleur humaine et trouve refuge dans La Boîte à Pizza située de l’autre côté du carrefour (Je vous recommande la pizza merguez sauce barbecue). Retour au cinéma : l’endroit est toujours aussi désert. Un peu surpris, je me dirige vers la salle. Là où je m’attendais à un parterre de journalistes et rock critics, je me trouve en face d’une poignée de spectateurs disséminés sur des fauteuils rouge et mauve au demeurant fort confortables. Quand, enfin, l’écran s’alluma, nous étions 36 et encore, j’inclus dans le nombre l’ouvreur, fan des Stones, qui, lui, au moins, avait été informé ! Alors, il va bien falloir, un jour, se poser la question. La décentralisation, c’est bien (on aurait pu prévoir une séance à Lille) mais à condition de s’en donner les moyens. Si on ne fait pas de publicité, les gens ne viennent pas. C’est aussi simple que ça. Quand CielEcran, à qui l’on a confié l’opération du 7 octobre, ne daigne pas répondre aux demandes d’information par e-mail ou téléphone et continue d’afficher sur son site, en guise de communiqué de presse : « Le fichier est endommagé et n’a pas pu être réparé », on ne peut guère s’en étonner.
mardi 2 octobre 2012


           THE  FLESHTONES

Depuis plus de 30 ans, les Fleshtones n’ont jamais cessé d’écumer les clubs du monde entier pour faire entendre leur musique fiévreuse et contagieuse. Sourds aux compromis, ces fous furieux restent des puristes. Du rock ou rien du tout !!

La Baleine Bleue

         Quartier du Queens, New York, 1976. Keith et Jan Marek, colocataires, s’installent dans leur nouveau logement, “The House”, comme ils l’appellent. Quelle n’est pas leur surprise de découvrir, au sous-sol, des instruments laissés par le précédent occupant ! Pour citer Keith :  « Vous voulez savoir pourquoi et comment les Fleshtones ont démarré ? C’est qu’il y avait un endroit pour le faire ! ». « The House » est pleine de monde tous les soirs. D’un naturel très convivial, nos deux lascars  jouent devant leurs invités, sans oublier de leur offrir moultes tournées d’un cocktail dont ils ont le secret et qu’ils ont baptisé « The Blue Whale » (La Baleine Bleue). C’est lors d’une de ces réceptions que le guitariste Keith Streng et le bassiste Jan Marek Pukulski rencontrent Peter Zaremba, étudiant en Beaux-arts à ses heures perdues. C’est surtout le chant, l’harmonica et les maracas qui l’intéressent. Il se retrouve vite à la tête de la formation, qui engage Lenny Calderone II comme batteur. A cette époque les New -Yorkais ne jurent que par les groupes new wave comme Television ou Talking Heads, tenants d’un rock cérébral. Les Fleshtones viennent alors jouer les trouble-fêtes en associant l’énergie punk à un son résolument sixties (guitare fuzz et orgue Farfisa) tout en conservant des influences rhythm and blues et rockabilly. Et cette potion magique, qu’ils aiment appeler du « Super Rock », ils nous la distribuent avec prodigalité depuis maintenant plus de 30 ans. Alan Vega fut le premier à être attiré par ce retour du rock à la simplicité et au naturel et c’est grâce à lui que Marty Thau, ex-manager des New York Dolls mais aussi patron du label Red Star sur le catalogue duquel figurait le groupe Suicide, se décida à signer les Fleshtones. Leur première sortie officielle est le single American Beat en juillet 78, mais l’album projeté n’est pas publié suite à un différend avec Marty Thau (Blast Off ! ne paraîtra qu’en 82 sur ROIR Records d’abord sous forme de K7 puis en CD quelques années plus tard). Marty Thau, en revanche, sortira une compilation intitulée Marty Thau presents 2x5 , où les Fleshtones figurent en compagnie des Revelons, des Bloodless Pharaohs (le premier groupe de Brian Setzer) des Student Teachers et des Comateens. En 79 c’est au tour de Miles Copeland (frère de Stewart du groupe Police) de s’intéresser aux Fleshtones. Il les signe sur son label I.R.S. (R.E.M., The Go-Gos). Bill Milhizer remplace Calderone et le mini-album Up Front est publié l’année suivante. On y remarque une reprise hyper speedée du Play With Fire des Stones qui justifient l’indication suivante sur la pochette : « Pour de meilleurs résultats, ce disque doit être passé en 45t. ». Leur premier vrai album Roman Gods sort en 81 et le live Speed Connection, dont la pochette est dessinée par le Français Serge Clerc et qui est enregistrée en mars 85 au Gibus à Paris, installe leur réputation dans notre pays. Depuis les Fleshtones reviennent à la charge régulièrement : Powerstance (92) qui marque les débuts du nouveau bassiste Ken Fox en remplacement de Pukulski, Beautiful Light (94) produit par Peter Buck de R.E.M.. Ils semblent même vouloir témoigner d’un regain d’activité ces derniers temps puisqu’après nous avoir gratifié d’un nouvel album Beachhead en 2005, ils débarquent aujourd’hui avec un DVD live Brooklyn A Paris filmé à la Maroquinerie avec 7 caméras en octobre dernier et produit par Didier Pasquier sur le label Big Enough (avec Tony Truand des Wampas et des Dogs sur un titre).

Rock’n’roooooooooolllllllllllllll !!!

         Là où la tâche du rock-critic devient difficile, voire impossible, c’est lorsqu’il s’agit de transcrire l’atmosphère d’un concert des Fleshtones. Je les ai découverts en 82 à The Venue, une salle mythique en face de la gare Victoria de Londres, salle qui a malheureusement disparu depuis. J’avais déjà essayé à l’époque de décrire toute l’énergie que j’avais ressentie lors de ce concert dans l’émission Vinyl sur Fréquence Nord tenue par mon cher rédacteur en chef actuel. Je les ai revus plus tard à la salle Doumer, à l’ancien Aéronef rue Colson. A la fin du concert, Zaremba nous avait dirigés vers la sortie à coups de sifflet, accompagné par le batteur qui avait démonté un tom pour pouvoir lui aussi aller jouer dehors avec les copains ! La dernière fois à l’Aéronef, le 21 mai 2004, chaque minute du show était un moment d’anthologie : les hilarantes poses d’empereur romain sur scène, les morceaux joués au milieu du public … Une leçon de rock’n’roll donnée par un groupe qui fait ça pour se faire plaisir, nous faire plaisir.

Jumpin’ Jack Devemy 


THE  FLESHTONES


En quelque trente années, les Fleshtones n’ont jamais arrêté. Têtus ? Non, passionnés. En parfaite osmose avec leur public, ils continuent de lui faire partager leur énergie, leur sens de la fête et du délire.

Baleine Bleue contre Paris-Brest

     La première fois que j’ai vu les Fleshtones sur scène, c’est à Londres, au début des années 80. Le hasard souvent fait bien les choses, surtout quand on l’aide un peu ! J’avais acheté le magazine Time Out et, me fiant à ses conseils, je me retrouvai ce soir-là au Venue, situé tout près de la gare Victoria. Cette salle a disparu depuis bien longtemps mais j’eus le plaisir d’y applaudir, entre autres, Pat Benatar, les Go-Go’s, les Cramps et Curtis Mayfield. Revenons en aux Fleshtones. Je fus tellement impressionné que je téléphonai illico presto à l’actuel rédacteur en chef du ci-devant nommé, à l’époque animateur de l’émission Vinyl sur feu Fréquence Nord, pour lui communiquer mes impressions. Une énergie sauvage et brutale. De la rage, de l’émotion. En un mot, du rock. Putain de concert ! Je ne compte plus les fois où je suis retourné voir les Fleshtones. Quand on aime, on ne compte pas. A force, j’en suis venu à les considérer comme des potes. C’est vrai qu’une rencontre avec eux, c’est toujours un échange. Blue Whale(Baleine Bleue)contre Paris-Brest. Que je vous explique ! Je savais que les Fleshtones étaient connus, à leurs débuts, pour les grosses fêtes qu’ils organisaient entre amis dans leur maison du quartier de Queens à New York. Je savais aussi que, pour l’occasion, ils avaient inventé un cocktail détonnant : le Blue Whale. C’est donc tout naturellement que j’abordai le sujet lors de l’interview qu’ils voulurent bien m’accorder avant leur concert du mercredi 11 avril 2007 au Grand Mix de Tourcoing. Je leur demandai la composition de ce cocktail. Tequila, champagne, vodka et curaçao…uniquement pour la couleur, me fut-il répondu. Peter Zaremba enchaîna sur sa recette préférée du Paris-Brest. Vous pouvez me citer un autre chanteur, américain de surcroît, capable de disserter sur la confection d’un Paris-Brest pendant cinq bonnes minutes ? C’est promis, Peter, ma femme va te préparer un Paris-Brest pour le concert du 28 juin prochain à Wattrelos. Ma femme et moi, on se répartit les tâches équitablement : je m’occupe de la boisson, elle s’occupe de la bouffe !

Guitariste d’un soir des Fleshtones

     J’aimerais donner envie aux néophytes d’aller voir les Fleshtones sur scène, là où personne ne peut leur ravir le titre de meilleur groupe du monde, si ce n’est peut-être les Stones. Avez-vous remarqué que Fleshtones rime avec Stones ? D’ailleurs, n’ont-ils pas repris Play With Fire sur le mini-album Up Front qui constitue leur premier véritable enregistrement (publié en 80 par le label Illegal Records d’un certain Miles Copeland, frère du Stewart Copeland de Police) ? Comme les Stones, allumer le feu, oui, ça, ils savent faire : d’où leur réputation de groupe de scène dont le talent serait difficilement reproductible sur disque. Je n’en voudrais pour preuve que les six concerts enregistrés au Gibus Club à Paris, en mars 85. L’album live est intitulé Speed Connection, il sort avec une pochette dessinée par le Français Serge Clerc. Il a malheureusement un son de mauvaise qualité et il ressortira quelques mois après aux Etats-Unis sous le titre Speed Connection II : The Final Chapter (à noter la présence du guitariste Peter Buck de R.E.M. sur le morceau  Windout). Inutile de vous dire que la première version à tirage limité est devenue un collector. Mais, au fait, un concert des Fleshtones, comment ça marche ? Phase d’observation : tel un empereur romain, avant l’ouverture des jeux du cirque, Zaremba toise son public, bras croisés haut sur son torse bombé, jambes écartées. Ils sont venus, ils sont tous là : les mecs, tempes grisonnantes, perfecto et arrêt obligatoire au bar, les nanas glamour, y’a même les kids. On va encore s’amuser en famille ce soir. Keith Streng plaque quelques accords, c’est le signal : les hostilités peuvent commencer. Nos dieux ne sont pas sur scène depuis un quart d’heure qu’ils quittent leur piédestal pour venir à notre contact. Vous vous retrouvez, sur le rythme de Push Up Man, en train de faire des pompes en plein milieu de la fosse à côté de Zaremba qui gagne à tous les coups (pourtant, sur une main, c’est plus dur, mais il a de l’entraînement, lui, c’est pas juste !) ou bien, s’il a pitié de vous, Keith vous glisse sa Gretsch en bandoulière et, tout péteux mais heureux, vous voilà, comme ça m’est arrivé à Tourcoing, élu guitariste d’un soir des Fleshtones. Pendant ce temps-là, Billy, contraint de rester sur scène, se venge en sautant derrière ses fûts. A la fin du concert, descente dans la fosse de « la bande des quatre » : Peter, Keith, Bill et Ken. Direction le bar ! Parfois ils s’y arrêtent et grimpent dessus pour former une pyramide humaine et offrir aux photographes un florilège de poses rock’n’rolliennes. Parfois ils continuent leur chemin et sortent carrément de la salle. Zaremba rythme le pas à coups de sifflet et de tambourin et le public, qui n’a vraiment pas envie de les voir partir, se mêle à la sarabande effrénée. La prochaine fois, venez nous rejoindre ! Plus on est de fous, plus on rit.

                                             Jumpin’ Jack Devemy


                                RAY  DAVIES



Milieu des années 60 : la  « British invasion » déferle sur l’Hexagone. Toute une génération de jeunes rockers ne sait où donner de la tête ni à qui porter son adhésion … et son argent. Pas de téléchargement à l’époque et les disques des Beatles, des Stones, des Animals, des Who, des Kinks se vendent à des millions d’exemplaires. Par la force des choses, on choisit son camp. Et j’en connais beaucoup à Lille qui, grâce à l’initiative d’un organisateur fou (qu’il en soit ici remercié !) rejoignirent l’armée des Kinks, les plus britanniques des « British invaders ».

Kink Konk

         De ce concert donné salle Roger Salengro je me souviens – détail incongru – des sages rangées de chaises en fer rouges à fleur de lys, prêtées par la mairie, et d’un fan déchaîné, pendu par les pieds au balcon, agitant un drapeau anglais. Je me souviens surtout d’être tombé, ce jour-là, (du balcon ? non !)… dans un chaudron dont jamais, au grand jamais, je ne sortirai. Depuis, 40 ans ont passé. Le dernier concert des Kinks a eu lieu le 15 juin 96 à Oslo mais Ray Davies est toujours là et vient de publier sur le label V2 son premier album solo officiel, si l’on ne tient pas compte de la musique du film Return To Waterloo en 85 et du merveilleux live The Storyteller  en 98. En effet, Raymond Douglas Davies a plus d’une corde à son arc. Le cinéma et l’écriture ont été d’autres sources d’inspiration pour lui. Return To Waterloo racontait l’histoire d’un jeune cadre, « a well-respected man », confronté à la violence du monde moderne. The Storyteller mêlait lecture d’extraits de son livre et chansons interprétées à la guitare sèche. Mais revenons au tout nouvel album : Other People’s Lives . Cet excellent opus, intelligent et sensible, de l’ex-leader des Kinks a été enregistré au studio Konk !!! Créé au début des années 70, le studio, explique-t-il, « appartient aux Kinks. Seul mon frère n’y met plus les pieds. Nous avions fait surtout des singles et nous voulions expérimenter des idées. Il nous fallait un endroit pour nous fixer. Autrefois, les amis venaient, il y avait un bar et un club bon enfant. C’était l’utopie d’une communauté musicale. » L’ancien QG des Kinks est situé à deux pas de la maison où Ray a vu le jour, niché dans une rue de Muswell Hill, ce quartier ouvrier au nord-ouest de Londres qu’il a si bien décrit en 71 dans l’album Muswell Hillbillies et auquel il reste attaché. En témoigne un des titres de son nouveau disque Run Away From Time qui, impulsé par l’orgue Hammond et un remarquable solo de guitare, nous convainc qu’il est plus facile d’échapper à soi-même que de s’affranchir d’un contexte social. Pour ce septième enfant d’une famille de huit (six sœurs : Renee, Rosie, Dolly, Joyce, Peggy et Gwendolyn + son frère cadet Dave), la vie n’a pas toujours été facile. Ray a toujours voulu fuir son milieu populaire. Fuir, cela veut dire trouver un boulot, et vite. Dès l’âge de 16 ans il travaille dans un cabinet d’architecte, là aussi, il étouffe. Alors il tente sa chance dans une école d’art où il s’initie à la peinture mais il entre en conflit avec un professeur et il est renvoyé. Ne restera plus que la musique. Il n’empêche qu’il ne reniera jamais les petites gens dont il a essayé de quitter l’univers.

Kink Creole

         Dans le livret d’Other People’s Lives, Ray affirme être récemment passé « de l’enfance à l’âge adulte ». Il était temps pour quelqu’un qui va fêter ses 62 ans le 21 juin prochain ! « J’ai décrit beaucoup d’expériences humaines dans mes chansons et paradoxalement les Kinks m’ont empêché de devenir un adulte. Le rock rend immature. Comme l’armée, il vous coupe de la société. L’aspect positif, c’est qu’il vous permet de garder votre âme d’adolescent. » Et de fait, les premiers mots de l’album sont Things Are Gonna Change (les choses vont changer) mais Ray met tout de suite un bémol à son affirmation The Morning After (demain matin). Promesse d’ivrogne ? Ray sait ce dont il parle. Du temps des Kinks, parfois ivre mort sur scène, il lui arrivait de fracasser des cymbales sur la tête de Dave, son frère ennemi (Liam et Noël Gallagher n’ont rien inventé). De façon plus générale, il a désormais décidé de faire les choses autrement dans sa vie et sa carrière. Par exemple, de traverser l’Atlantique – ce qui lui fut longtemps interdit – pour raviver son inspiration. « J’ai choisi la Nouvelle-Orléans parce que le jazz est la première musique qui m’a inspiré et il m’a remotivé. J’y ai aussi découvert un rap, plus musical qu’ailleurs en Amérique, parce qu’il se danse. J’ai commencé le projet en 98. L’écriture a rapidement pris le pas sur l’enregistrement : à l’arrivée, j’avais 48 chansons, je n’en avais jamais eu autant dans ma vie. » Pourquoi avoir attendu si longtemps (8 ans !) avant de nous livrer ce joyau ? D’abord parce qu’il fallait dégrossir et tailler le matériau pour le réduire à 13 merveilles. Ray n’est pas du genre à galvauder son talent. Et aussi à cause d’une mésaventure qui lui est arrivée le dimanche 2 janvier 2004. Il avait passé la soirée en compagnie d’une amie dans un restaurant du quartier français de la Nouvelle-Orléans. En sortant de l’établissement, deux individus se sont dirigés vers eux et ont arraché le sac à main de la dame. Selon des témoins de la scène, le chanteur s’est élancé à leur poursuite et a saisi à bras-le-corps un des deux agresseurs. Le comparse de celui-ci s’est alors retourné et a tiré une balle de revolver en direction de Ray, l’atteignant à la jambe. Résultat des courses : plusieurs semaines d’hospitalisation. Toujours est-il que le disque trouve beaucoup de son inspiration dans les expériences vécues par Ray lorsqu’il a habité la Nouvelle-Orléans, où il a trouvé un refuge physique et émotionnel.  « J’ai découvert un endroit où j’avais le sentiment d’appartenir, pour la première fois depuis que j’ai quitté Muswell Hill. » The Tourist évoque une ville imprégnée de magie, de vaudou, de plaisir. The Getaway (Lonesome Train) est un air country rock inspiré par le bruit des trains et des bateaux. Thanksgiving Day, le titre caché, restitue fidèlement, grâce aux cuivres, l’atmosphère de fête pré-Katrina. Mais ce que je préfère chez Ray, c’est son ton caustique, acerbe, sarcastique, virulent. Bref, son humour tout britannique. Et le titre que je me passe en boucle est le titre éponyme Other People’s Lives (La vie des autres gens), un air de flamenco sur lequel chante Isabel Fructuoso et qui vilipende les tabloïds. La presse people en prend pour son grade mais ses lecteurs également. « Donnez aux gens ce qu’ils veulent / Du moment que c’est écrit noir sur blanc et croustillant, ils gobent tout. » Comme disait Coluche : « Vous êtes cons aussi, vous êtes pas obligés d’acheter ! »

                                                                                                Jumpin’ Jack Devemy            

   
mercredi 11 juillet 2012

MICK TAYLOR



Evènement à ne rater sous aucun prétexte : la venue à Lille de l’ex-Rolling Stones Mick Taylor. Le 2 juillet dernier, à Paris, au New Morning, il nous donnait un aperçu de ses talents. Mais laissez-moi plutôt vous raconter !

Le concert étant sold out, je me suis rendu très tôt sur place. Bien m’en a pris ! J’assiste à l’entrée de Mick. Un professionnel comme lui n’a pas besoin de trois heures pour faire sa balance : après avoir répété deux morceaux, il ressort pour rejoindre son hôtel proche. Il a perdu quelques kilos depuis la dernière fois que je l’ai vu. C’était le 21 juin 2003, lors de la Fête de la Musique à l’Hippodrome de Marcq en Baroeul. J’avais eu le malheur de lui demander de dédicacer des photos que j’avais prises de lui à Béthune 4 ans auparavant. Il avait tiqué. C’est vrai qu’à l’époque il avait grossi et la comparaison avec les photos n’était guère flatteuse. J’en entends parmi le public agglutiné devant la salle qui s’exclament : « T’as vu l’âge qu’il a ! Il est tout bouffi ! ». Ben forcément ! S’ils en sont restés à son image de la période Stones, ils ont du mal à le reconnaître. D’accord, il a vieilli, et alors ? Il est né le 17 janvier 49 à Welwyn Garden City dans le Hertfordshire, au nord de Londres et il va donc bientôt fêter ses 61 ans. La moyenne d’âge des spectateurs se situe aux alentours de 50 ans. Il y a aussi quelques jeunes qui, du coup, ne réagiront pas quand on annoncera Joël Daydé en première partie. C’est lui qui avait fait la première reprise de Mamy Blue en 71, avant Nicoletta quand même ! Seul à la guitare acoustique ou Strat de 69 (il aurait quand même pu éviter de nous faire remarquer combien ça coûte une guitare pareille !), il frime un peu et a le tort de s’attaquer à des standards du blues comme Walking Blues, Little Red Rooster ou You Gotta Move juste avant Mick Taylor. Au bout d’un certain temps, une partie du public se lasse et réclame son départ. Pourtant Joël Daydé connaît le blues et le prouvera durant ses 45 minutes sur scène.0n ne peut que regretter un tel comportement de la part de gens qui, eux, sans doute, sont ignares en la matière. Daydé ne viendra pas à Lille. C’est le seul concert parmi les 17 prévus en France au mois d’octobre où il n’assurera pas la première partie. Il commence à faire une chaleur étouffante et je suis ruisselant de sueur. Si je n’étais un fan inconditionnel du grand Mick, je me dirigerais vers le bar pour y profiter de la clim et y étancher ma soif. Dans ce cas je renoncerais définitivement aux premiers rangs. Mais le courage et la persévérance sont toujours récompensés. Vers 22 heures, entrée en scène de l’ami Max Middleton, costume d’été et panama. Rappelons qu’il a débuté sa carrière en jouant du clavier pour Jeff Beck. Le reste du groupe fait son apparition. Jeff Allen (batterie), Kuma Harada (basse) et Denny Newman (guitare et chant). Et le voilà, celui qu’on attendait tant. Notre Mick s’approche du micro, il est applaudi à tout rompre. Pendant que ses musiciens s’installent, il commence à nous expliquer pourquoi il aime la salle, parce qu’il est proche de son public. Et bla-bla-bla ! Et bla-bla-bla ! Un agréable moment intime dans la pure tradition du blues. Et ce n’est pas comme Zazie dans le métro. Il cause, il cause, mais ce n’est pas tout ce qu’il sait faire. Il empoigne sa guitare et c’est parti pour Secret Affair suivi de Twisted Sister. Les deux compositions personnelles qui ouvrent l’album A Stone’s Throw (98), sorti 20 ans après un premier disque solo éponyme. Le public se sent alors autorisé à lui réclamer à cor et à cri Alabama. Un titre du premier album solo susnommé, Mick Taylor. Enchaînement normal sur Losing My Faith. Un autre extrait de A Stone’s Throw. Après ces 4 chansons d’une dizaine de minutes chacune, il cède à l’envie d’aller fumer une clope et vider un godet dans les coulisses, laissant son guitariste rythmique, Denny Newman, interpréter l’une de ses compositions : Burying Ground. Il revient quelques minutes plus tard, le temps de changer de chemise et de tomber la veste. Il prend le dernier solo sur Burying Ground puis le concert prend une toute autre dimension. Mick se lance dans une série de reprises. A commencer par Blind Willie Mc Tell. Une chanson de Bob Dylan avec lequel il a travaillé sur l’album Infidels en 83. Il y intègre une partie de Layla (Clapton) et d’ All Along The Watchtower (Dylan). Vient l’apothéose : la reprise des Stones, Can’t  You Hear Me Knocking. Sur l’album Sticky Fingers (71). Il en revendique la paternité sans pour autant avoir été crédité. A la fin du morceau, Mick se jette par terre (est-ce bien raisonnable à son âge ?). Il reviendra pour un seul rappel, mais quel rappel ! La chanson No Expectations des Stones (encore eux !) qu’il jouera assis sur un tabouret. Il nous explique que c’est bien la première fois, mais il a mal au dos. Depuis il s’est fait examiner et souhaite porter le message suivant à ses fans : « C’est avec un profond regret que je dois annoncer que les dates aux Etats-Unis et au Canada prévues pour juillet et août devront être annulées, en raison de problèmes de santé. Pendant mon séjour à l’hôpital, mes médecins m’ont formellement déconseillé de voyager en ce moment ». Espérons qu’il sera rétabli pour la tournée française prévue en octobre ! Cette fois, c’est bien fini. It’s all over now. Allez, un dernier medley pour la route ! Mick se lève et joue quelques accords de Brown Sugar et Satisfaction. Il est resté un Rolling Stone dans l’âme et c’est pour ça qu’on l’aime !

                                                                                                 Jumpin’ Jack Devemy