lundi 23 juillet 2012
Un rock ciselé par des
orfèvres en la matière. La Boîte A Musiques va se transformer, le temps d’une
soirée, en boîte à bijoux.
Hue Bijou !
Dans les
années 60, que pouvait-on bien faire pour tuer le temps quand on avait 16 ans
et qu’on habitait dans la banlieue sud de Paris entre Savigny-sur-Orge et
Juvisy ? La même chose qu’aujourd’hui : s’asseoir à une terrasse et
siroter une grenadine en regardant passer les jolies filles. C’est ainsi que se
rencontrèrent Vincent Palmer et Philippe Dauga. Outre leur goût pour la gent
féminine, nos deux jeunes garçons se découvrent un intérêt commun pour la
musique. Palmer joue de la guitare, Dauga est bassiste. L’un des premiers
groupes qu’ils décident de former ensemble s’appelle Mind Blower
(Hallucinogène). Ils y accompagnent un chanteur à la voix directement inspirée
de Joe Cocker, Alain Salain. Celui-ci sera de toutes les galères, hormis
l’intermède Pura Vida où il cédera sa place à Terry Scott qui, avec son groupe
Heaven, participa au Festival de l’Ile de Wight le dimanche 30 août 70 aux
côtés de Jimi Hendrix, Leonard Cohen et Jethro Tull… entre autres. C’est même
grâce à lui que Bijou trouvera son nom. Enfant, Alain Salain était fan de la
série culte Thierry La Fronde. Il courait partout en criant : « Hue
Bijou ! ». Ce qui ne lui portera pas chance. Le Bijou en question le
désarçonne et détale sans lui juste au moment où cela commence à marcher. Palmer
et Dauga contactent alors Jo Leb des Variations et Herbert Léonard mais finalement,
ils assureront eux-mêmes le chant. Entre-temps, Joël « Dynamite » Yan
les a rejoints à la batterie. Bijou, power trio made in France, est né. Le
quatrième Bijou, parolier, manager et producteur, c’est Jean-William Thoury, un
camarade journaliste qui est devenu aujourd’hui un des rédacteurs du magazine
Jukebox.
Bijou remet en
selle Gainsbarre
Bijou est
avant tout un groupe fait pour la scène. Avec le soutien de Marc Zermati,
manager des Flamin’ Groovies et fondateur du label Skydog, il joue en première
partie de Patti Smith à L’Elysée Montmartre et se produit aux deux festivals
punk de Mont-de-Marsan (76 et 77). Après avoir conquis un public toujours plus
friand de ses sets époustouflants, il ne lui reste plus qu’à trouver une maison
de disques. Premier album, Danse Avec
Moi, en mars 77, chez Philips…au
grand dam de Zermati qui s’apprêtait à lui faire enregistrer un single à
Londres. Deux titres ont ma préférence : C’Est Un Animal qui s’approprie intelligemment le riff de All Day And All Of The Night des Kinks
et surtout la reprise irrésistible de La
Fille Du Père Noël du tandem Dutronc-Lanzmann. Mais rien n’est à jeter pour
autant et cet album va définitivement installer Bijou dans les valeurs sûres du
rock français. D’ailleurs, Gainsbourg ne s’y trompera pas en remontant sur
scène, après des années d’absence, pour chanter avec eux Les Papillons Noirs et en leur faisant cadeau de Betty Jane Rose, écrite spécialement pour eux. La carrière de
Bijou se déroulera au rythme d’une nouvelle sortie tous les ans : OK Carole (78), Pas Dormir (79), En Public (80),
Jamais Domptés (81), Bijou Bop (82) jusqu’à ce que les fans,
atterrés, apprennent, un jour, leur séparation. Conflits d’ego ? Problèmes
de label ? Divergence d’intérêt ? Bijou est mort…
Non, blessé
seulement !
Dauga n’a pas
l’intention de lâcher l’affaire. Première tentative de reformation en 2000 avec
l’album Hit Pop. Le groupe s’appelle
désormais Bijou SVP. SVP signifiant sans Vincent Palmer et non s’il vous plaît,
comme vous auriez pu le croire. Dynamite est toujours là. Nouvel album en 2006,
intitulé Redescends Sur Terre (Les
papillons noirs se seraient-ils envolés trop haut et brûlé leurs ailes ?).
Exit Dynamite. Entrée en scène du batteur Franck Ballier, qui a accompagné Johnny
Hallyday et du guitariste Patrice Llaberia, qui a joué -excusez du peu -avec Chrissie Hynde des
Pretenders, Mick Jones des Clash et les Inmates. En 2008, sortie du Live au Zénith de Caen que je vous
recommande chaudement. Je ne peux qu’en faire autant pour leur prochain album,
intitulé Autopsy. A l’heure où
j’écris ces lignes, l’album n’est pas encore dans le commerce (la sortie
officielle est prévue le 20 octobre) mais j’ai eu l’occasion d’en écouter
certains extraits et c’est du Bijou tout craché ! A signaler : une
nouvelle version de La Fille Du Père
Noël avec des « very special guests » : Didier Wampas et
Bernie Bonvoisin. Et puisqu’il est question de Didier Wampas, laissons-lui le
mot de la fin : « Dauga a raison, on ne s’arrêtera jamais, le rock’n’roll,
c’est vraiment la belle vie ! ».
Jumpin’ Jack Devemy
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