mardi 24 juillet 2012

BRITISH  INVASION




  7 février1964 : les Beatles posent le pied sur le tarmac de l’aéroport John F. Kennedy de New York, accueillis par une foule de 5000 fans. Cette date marque le début de ce qu’on a appelé « l’invasion britannique ». Une invasion pacifique et libératrice. L’Amérique d’alors doute et s’interroge sur elle-même : son président vient d’être assassiné, les tensions raciales s’accentuent, le processus inéluctable de la guerre du Vietnam est enclenché. Avec leur coupe de cheveux insolite, leurs mélodies envoûtantes et leur enthousiasme débordant, nos quatre garçons dans le vent vont lui redonner confiance. Dans leur sillage, une vague de groupes britanniques submerge le pays. Figuraient parmi les fleurons de ce véritable tsunami : les Hollies, les Kinks, Herman’s Hermits, les Animals et Spencer Davis. Et devinez quoi ? Malgré quelques défections dans leurs rangs, ils sont toujours vivants au bout de 45 ans, prêts à nous envahir à notre tour et à tout faire exploser dans la Salle de La Poudrière.

Eric Haydock is alive and well and playing in Leffrinckoucke

         C’est sous son propre nom, pas celui des Hollies, qu’Eric Haydock se présentera sur scène. En effet, à l’issue d’une interminable procédure judiciaire, il s’est vu interdire l’utilisation du nom du groupe. Les Hollies, quant à eux, poursuivent leur activité sous la houlette de Tony Hicks et Bobby Elliott. Mais rassurez-vous, Eric Haydock est tout autant sinon plus habilité à défendre les couleurs de la formation. Si Allan Clarke et Graham Nash sont les deux membres fondateurs, Eric Haydock sera le premier à les rejoindre. Clarke et Nash (qui fera partie du premier « super groupe » de l’histoire du rock : Crosby, Stills, Nash and Young) se côtoient depuis l’enfance et jouent ensemble dans les pubs de Salford. Un manager de Manchester, la grande ville voisine, les remarque. Allan Cheetham -c’est son nom- veut bien les engager à condition qu’ils abandonnent la formule du duo acoustique à la Everly Brothers pour celle d’un véritable groupe. C’est ainsi qu’ils s’adjoignent la collaboration d’Eric Haydock, à la basse, Don Rathbone, à la batterie, et Vic Steele, à la guitare. Et ce n’est qu’un an plus tard, en 63, que Rathbone et Steele seront respectivement remplacés par Elliott et Hicks. Eric Haydock participe donc au tout début de l ‘aventure des Hollies et il contribuera largement à son succès jusqu’en 66 où il est remplacé par Bernie Calvert. Souvenez-vous des nombreux tubes qui ont jalonné cette époque : Stay, Just One Look, Here I Go Again, We’re Through et surtout I’m Alive.

Mick Avory : des Stones aux Kinks 

         On ne s’étonnera pas de trouver le nom de Mick Avory à côté de celui de Eric Haydock puisqu’ils appartiennent tous deux au même groupe : The Legends of the Sixties, lui-même issu de The Class of 64 (en référence au début de « l’invasion britannique »). Mais c’est, bien sûr, grâce à ses liens passés avec les Stones et les Kinks que Mick Avory s’est rendu célèbre. Fin mai 62, Brian Jones, Mick Jagger et Keith Richards répètent trois fois par semaine dans l’arrière-salle du pub Bricklayers Arms, situé dans Berwick Street, en plein Soho. Ils la louent 5 shillings l’heure. Aujourd’hui, le pub est devenu un disquaire. Sachez, pour l’anecdote, que Joseph Corre, qui n’est autre que le fils de Vivienne Westwood et de Malcolm McLaren, l’ancien manager des Sex Pistols, a installé sa boutique de lingerie sexy, Agent Provocateur, juste en face ! Le groupe n’a pas encore de nom ni de batteur mais Brian s’en occupe. Il trouve un nom : The Rolling Stones et téléphone à Mick Avory pour qu’il vienne répéter avec eux. Le poste est très convoité et après une valse-hésitation entre Mick, Tony Chapman et Steve Harris, c’est Charlie Watts qui emporte la décision et devient batteur officiel en janvier 63. Mick aurait pu passer sa vie à regretter s’il n’avait été engagé par les Kinks un an plus tard. Taper sur une batterie derrière les frères Davies pendant 20 ans… Il y a pire comme punition.


         Et cerise sur le gâteau : seront également sur scène le 17 octobre prochain Herman’s Hermits (No Milk Today) avec leur batteur d’origine Barry Whitwam et, menés à la baguette par l’inamovible John Steel, les Animals qui ne se contenteront pas d’interpréter leurs propres morceaux mais accompagneront aussi Spencer Davis. Vous êtes conviés à faire un saut en arrière de près d’un demi-siècle. Ca ne s’improvise pas ! Entraînez-vous d’ici là et révisez tout le répertoire des années 60 ! 


                                                                                        Jumpin’ Jack Devemy