lundi 23 juillet 2012

A S I A

Asia, c’est la« dream team » du rock progressif. Tu choisis les meilleurs et tu formes un super-groupe qui va marquer les années 80 de son empreinte.

AsYes

          Début 81, John Kalodner de la compagnie de disques Geffen réunit John Wetton, Steve Howe, Carl Palmer et Geoff Downes. John, le chanteur-bassiste, est sûrement celui d’entre eux qui compte le plus de groupes à son actif. Il a joué dans Family (en 71), King Crimson (de 72 à 74), Roxy Music (en 74 et 75), Uriah Heep (en 75 et 76) et UK (de 77 à 80). Peu d’artistes peuvent se targuer d’un pedigree aussi prestigieux. Steve, le guitariste, vient de quitter Yes après 10ans de bons et loyaux services. Carl, le batteur, a fait partie du groupe Emerson, Lake… and Palmer durant les années 70. Rappelez-vous le fabuleux album nommé Brain Salad Surgery. Geoff, le claviériste, est connu pour le hit planétaire Video Killed The Radio Star,  «  commis avec la complicité » de Trevor Horn au sein des Buggles. Les deux « bugs » rejoindront ensuite Yes pour l’album Drama (80), en remplacement de Rick Wakeman et Jon Anderson. Après la tournée promotionnelle qui s’ensuivit, le groupe Yes, totalement infecté de l’intérieur, ne pouvait qu’exploser. Les fans des Buggles me pardonneront, j’espère, mais je n’ai jamais digéré Video Killed The Radio Star et son clip, le premier à être diffusé sur MTV. Bon, ça, c’est fait. Revenons donc à Asia ou AsYes, comme vous voudrez. Leur premier album éponyme, sorti en mars 82, a un succès commercial considérable. Il se vend à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde, grâce au titre intemporel Heat Of The Moment, qui reste l’un des hymnes préférés des Américains, lors des grands évènements sportifs, mais aussi, à un moindre degré, aux deux autre singles : Only Time Will Tell et Sole Survivor. La superbe pochette n’est pas étrangère, non plus, au succès de l’album. Elle est dessinée par Roger Dean, comme celles d’ailleurs, des disques suivants : Alpha (83), Astra (85), Aria (94) et Aura (2000). Votre esprit aiguisé n’aura pas manqué de constater que tous ces titres commencent par la lettre A. Asia est comme ça, il aime bien avoir ses petites habitudes. En 83, Don’t Cry et Open Your Eyes explosent les charts, mais leur second album Alpha marche beaucoup moins bien que son prédécesseur. John Wetton en fait les frais et il est remplacé par Greg Lake. Quand sort l’album Astra en 85, Steve Howe a déjà quitté le groupe. Malgré d’excellents morceaux comme Go, Too Late ou encore Voice of America, ce troisième opus est loin d’être un succès. Au gré des changements de personnel, le groupe évolue peu à peu vers une musique de moins en moins ambitieuse, de plus en plus commerciale. En 86, il entame une longue traversée du désert. Sans être véritablement mort, le groupe se contente de quelques tournées, jusqu’en 90 où, après la chute du mur de Berlin, il est l’un des premiers groupes à fouler le sol russe. L’Olympic Stadium de Moscou est plein comme un œuf et Asia interprète ses plus grands tubes devant 20000 fans. Mais en 91, John Wetton, fatigué, jette l’éponge. Le groupe a beau continuer avec John Payne au chant, plus personne n’y croit.
Le phoenix renaît de ses cendres

         6 février 2006 : annonce de la reformation d’Asia dans sa configuration originelle, à l’occasion du 25ème anniversaire de sa création.14 avril 2008 : parution du nouvel album studio Phoenix chez Frontiers Records. Et oui, ils semblent en avoir terminé avec les titres commençant par A. Par contre, c’est Roger Dean qui signera la pochette, comme au bon vieux temps. Au moment où j’écris ces lignes, le disque n’est pas encore sorti mais je peux déjà vous dire qu’il comportera 12 morceaux, parmi lesquels An Extraordinary Life, inspiré par les ennuis de santé de John Wetton, qui a subi une opération à cœur ouvert, avec triple pontage en 2006, opération dont il s’est parfaitement remis. Au menu également : des titres rentre-dedans comme Never Again et Nothing’s Forever et des ballades comme Heroine et I Will Remember You. Tiens, ça tombe bien, nous non plus, on n’est pas prêt de les oublier, John Wetton et sa bande !

                                                                                            Jumpin’ Jack Devemy